Discours pour Wallonie libre

   

Waterloo (Lasne), Juin  2004

A l’invitation de Wallonie Libre, les Mouvements Wallons se sont réunis ce dimanche 20 juin pour l’hommage annuel au monument à l’Aigle Blessé et à l’appel du 18 juin du Général de Gaulle. Voici le texte du discours prononcé à cette occasion par André Libert, Président du Rassemblement Wallon.

  

C’est avec un grand plaisir que je prends ce jour la parole au nom du Parti France et du Rassemblement Wallon, unis et alliés dans un Combat Wallon avec et dans la Francité.

Etre Wallon, c’est répondre présent à l’appel de Liberté du 18 juin de De Gaulle, du De Gaulle de la France Libre, du Québec Libre.

Jemappes, la place du Ballon à Jumet, Fleurus et son monument aux quatre victoires, des pages d’histoire de France, de notre histoire. Ligny et puis Waterloo pour nous, c’est un hommage à une France blessée dont la destinée est aussi nôtre et pour qui une défaite ne peut qu’être passagère.

Etre Wallon, c’est se rappeler que la France, c’est aussi le Siècle des Lumières. De la révolution de 1789 et de son idéal de Liberté, Egalité, Fraternité, à l’Empire et à son Code Civil toujours d’actualité nous fûmes français.

Répondre présent à Wallonie Libre, c’est s’imprégner du vote du retour à la France du Congrès Wallon de 1945 qui à l’appel de Charles Plisnier entonna une vibrante Marseillaise.

Etre Wallon, c’est se souvenir des Fernand Massart, Maurice et Aimée Bologne-Lemaire, Marcel Thiry, Arille Carlier, Abbé Mahieu, Jean Duvieusart, Maurice Lebeau,…

Etre Wallon, c’est demander et exiger le respect des pères de la cause wallonne et de leur résistance à l’oppresseur nazi. Leur amour de la France fut aussi celui d’un idéal de justice et de démocratie.

Etre Wallon, c’est reconnaître à Wallonie Libre sa place, son antériorité et ses mérites dans le combat wallon poursuivi de nos jours par Jacques Dupont et toute son équipe, sans oublier Geneviève Becquet et l’Union Wallonne des Artistes et des Ecrivains.

Soyons aussi reconnaissant à Jean-Emile Humblet pour sa défense du souvenir français sur le site de Waterloo.

Et à l’heure toute proche de sa retraite professionnelle, rappelons ce que le Mouvement Wallon et le Rassemblement Wallon doivent au combat profondément désintéressé et idéaliste d’Etienne Duvieusart père du Front Démocratique pour l’Indépendance de la Wallonie.

Etre Wallon, c'est encore rendre l’hommage mérité au tenace Parti France, digne d’un profond respect, qui va fêter ses dix ans de présence politique et a osé concrétiser le premier, sous la pugnace houlette de Marie-France Jarbinet, l’idéal de réunion à la France.

Etre Wallon, c’est reconnaître à travers les Clubs et Mouvements républicains et une revue comme Toudi des valeurs porteuses, terriblement démocratiques, ancrées en nous, portées par des gens comme José Fontaine, Milou Rikir, Jean Louvet et d’autres encore, des valeurs qui traversent leur Manifeste pour une Wallonie maîtresse de sa culture, de son éducation et de sa recherche ; des intellectuels wallons courageux, en quête d’un avenir meilleur pour la Wallonie.

A nous de dire au Vlaams Block et à ses pâles clones et sous-fifres wallons que nous n’avons pas les mêmes valeurs. Nous refusons énergiquement les conceptions de l’extrême droite, nous faisons primer le droit des gens sur les pseudo-conceptions d’un droit du sol.

Bruxelles dont le nom d’origine est « Bruoc Cella » a une identité profondément gallo-romaine dans son nom et sa texture. Nous disons à nos frères bruxellois dans la Francité, n’hésitez pas à dire non à la Flandre, n’acceptez plus les diktats flamands, radicalisez vos positions et nous serons à vos côtés. Soyez la capitale de l’Europe et non celle de la Flandre.

Quant à la Flandre, nous lui disons clairement : « Nous ne sommes ni à louer, ni à vendre, ni à flamandiser ».

Dji voureu  tout ostan vos dire qui nos patwès sti dès sosons dis nos parlâdge fransais eyèt qui nos fôt jamê yesse onteû di côzer walon. Je voudrais tout autant vous dire que nos patois sont des cousins de notre langue française et qu’il ne faut jamais être honteux de nous exprimer en wallon.

En ce jour de commémoration, il nous paraît nécessaire de remercier ce courant français de plus en plus important qui nous comprend et nous soutient.

Une Wallonie maîtresse de son destin, plus proche de la France, c’est le combat de plusieurs générations et de tant de noms qu’il a fallu une encyclopédie à l’Institut Destrée pour en parler.

L’avenir de la Wallonie ne peut pour nous commencer par son découpage. Nous voulons en faire une Région à part entière, dignement maîtresse du choix de son avenir et de son destin.

Rassembler, c’est aussi laisser à chacun son espace de liberté. La musique ne se résume pas à une seule note, elle s’enrichit de toute une gamme, il en est de même des hommes.

Pour vous tous, je reprendrai pour clôturer ce mot de Fernand Massart, Président du Rassemblement Wallon jusqu’à sa dernière heure et farouche partisan du Retour à la France : « FRATERNITE !»

  

André Libert